Bottes de 7 lieues thérapeutiques : EMDR et EHT-H

L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) signifie désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires. Des stimulations auditives ou des tapotements peuvent également être utilisés.

Cette approche vise à activer des mécanismes neuropsychologiques permettant le retraitement de vécus traumatiques ou perturbants restés non intégrés, souvent à l’origine de symptômes parfois invalidants. On peut ainsi soulager des séquelles post-traumatiques, même de nombreuses années après.

Cette approche est aujourd’hui validée scientifiquement et recommandée par les instances publiques nationales et internationales comme thérapie prioritaire pour la prise en charge des états de stress post-traumatique (Haute Autorité de Santé depuis 2007, Organisation Mondiale de la Santé depuis 2013, INSERM depuis 2015, American Psychiatric Association depuis 2004, National Institute for Health and Care Excellence).

L’EFT-H (Emotional Freedom Techniques – Hypnosis) est une approche qui permet, à partir d’une situation activante, de saturer les processus cognitifs habituels (notamment le mental, c’est-à-dire le contrôle rationnel), afin de faciliter l’émergence d’éléments sous-jacents souvent non accessibles de manière directe .

Ce travail permet d’explorer l’origine de certaines réactions automatiques, en particulier lorsque la personne ne comprend pas ce qui se joue pour elle dans certaines situations.

L’indication de ces deux outils est différente et complémentaire :

  • l’EMDR est privilégié pour le retraitement de traumatismes identifiés, en particulier lorsqu’ils sont intenses ou répétés
  • l’EFT-H est particulièrement pertinent pour des blocages ciblés, des réactions disproportionnées ou incomprises, sur des problématiques circonscrites

L’EFT-H peut permettre des évolutions rapides, parfois en quelques séances, dans ce cadre spécifique. En revanche, il n’est pas indiqué pour le traitement de traumatismes lourds ou complexes, qui relèvent d’un travail structuré, notamment en EMDR.

Il est cependant important de poser un cadre réaliste quant à l’utilisation de ces approches.

Dans le cadre du traitement d’un trouble de stress post-traumatique :

  • un traumatisme lié à un événement unique nécessite en moyenne 8 à 12 séances d’EMDR
  • un traumatisme lié à des événements ou situations répétées, intriquées ou prolongées peut nécessiter 12 à 20 séances d’EMDR, voire davantage

Ces données sont issues de la littérature scientifique internationale et concernent spécifiquement le retraitement du traumatisme lui-même.

Ces approches peuvent permettre des évolutions significatives, mais elles ne constituent pas des interventions “rapides” au sens de quelques séances lorsqu’il s’agit de traumatismes.

Enfin, certaines approches comme l’EMDR nécessitent l’évaluation préalable de prérequis (stabilisation émotionnelle, capacités de régulation, sécurité actuelle), ainsi que la prise en compte de facteurs de protection.

Il est notamment essentiel de s’assurer que la personne n’est plus exposée à la situation traumatique. Lorsque ce n’est pas le cas (par exemple dans certaines situations de violences), un travail de retraitement du traumatisme ne peut pas être engagé dans des conditions adaptées et sécurisées.